mardi 23 avril 2013

T comme... Troyes

Tisserands, tissiers en toile,  mes ancêtres du Pays d'Othe aubois puis icaunais faisaient vivre ainsi leur famille. D'une certaine façon, ils appartenaient à une confrérie proche  des bonnetiers actuels...  Quoiqu'il en soit, Troyes, la ville de la bonneterie, capitale historique de la Champagne, s'est reconvertie, forcée par la crise et par la fermeture de beaucoup de ses usines. Elle se tourne vers son histoire, se redécouvre commerçante, comme au temps des foires médiévales, attire les touristes qui se hâtent par cars entiers vers les "magasins d'usine"... Les mêmes qu'on trouve partout autour des grandes villes, hélas. Ne mégotons pas trop, c'est grâce à ces magasins (hideux) que la ville a retrouvé un peu de sa notoriété et beaucoup de sa vivacité économique.




La ville elle-même mérite qu'on s'y attarde, qu'on flâne le nez en l'air dans ses vieux quartiers, superbement rénovés. Le centre historique, curieux hasard, a la forme d'un bouchon de Champagne, ce qui bien sûr donne à ce quartier son surnom de "bouchon". Un clin d'oeil pour promouvoir aussi le Champagne aubois, moins cher (un peu) et souvent meilleur parce que moins surfait que son célèbre voisin de la Marne. 



L'Hôtel de Vauluisant a été édifié en 1564. C'était l'hostellerie des moines de l'Abbaye de Vauluisant, située dans l'Yonne. Il abrite le musée de la bonneterie.


Les maisons à pans de bois défient le temps et les lois de l'apesanteur... Elles semblent s'épauler pour franchir ensemble les siècles et se chuchoter à l'oreille les secrets de nos ancêtres.

Les "quartiers bas" étaient ainsi qualifiés à la fois parce qu'ils étaient un peu en contrebas du centre... mais surtout parce que les habitants y étaient misérables et les logements insalubres ! Ce n'est plus tout à fait le cas, mais les anciens ont gardé l'habitude de les appeler ainsi.


Au coeur de ces quartiers-bas, Saint-Martin-es-Aires, ancienne abbaye dont l'origine remonte au 5e siècle ! Ce nom, je l'ai entendu très souvent, sans savoir comment il s'écrivait... Du 19e siècle jusque dans les années 60, c'était un orphelinat de filles. Et c'est là que ma mère et ma tante ont passé leur enfance. C'était assez chaleureux, "on s'occupait bien" des enfants, dans cet endroit-là. Même en temps de guerre et de restriction, elles étaient, dans leur malheur, relativement protégées. Curieux hasard, encore une fois, l'ancien orphelinat des filles abrite désormais une école d'art et des métiers du patrimoine.

Cet immense bâtiment, l'orphelinat Audiffred, est maintenant un centre social. Jusque dans les années 70, c'était, comme l'indique le fronton, l'orphelinat des garçons. C'est là que mes oncles ont grandi, à 200 mètres de leurs soeurs, qu'ils voyaient une ou deux fois par an, de même que leur père Gaston, veuf et cheminot, encombré de 4 enfants tout jeunes.


La classe des "grandes" à Saint-Martin-es-Aires, en 1938. Ma tante est au premier rang, la 5e en partant de la gauche.

La ville offrait à ces petits orphelins des vacances au bord de la mer. Les garçons comme les filles profitaient (séparément !) des bienfaits de la plage, du soleil et de l'eau salée. La "colonie" de la ville de Troyes se trouvait à Trégastel. Voici les heureux vacanciers vers les années 1936/37. Ma mère, trop jeune encore, n'y figure pas.




Jusqu'au mois dernier, je pensais que l'Aube était un département "de coeur" et pas un département d'origine. Et puis, comme je l'ai raconté au cours de ce challenge (lettre N comme Notaire) les tables des contrats de Cerisiers m'ont appris que Mes Vaunois de Cerisiers venaient en fait de Rigny le Ferron, eux-mêmes originaires d'Aix en Othe :


Les relevés d'Aube-Archive m'ont permis de remonter deux générations. La très prochaine mise en ligne annoncée des registres de l'Aube aux archives départementales me permettra d'avoir les actes, et qui sait de reconstituer les familles...

Ainsi la boucle sera bouclée aux "Cerisiers de l'Aube" !


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Pour lire mes autres articles du challenge : Les Cerisiers de A à Z

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25 commentaires:

  1. de ce département je garde d'excellents souvenirs de vendanges aux Riceys dans années 65 où mon "patron" avait des vignes !

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    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    2. Eh bien Josette, c'est à quelques km des Riceys que je me fournis personnellement en champagne, dans un village dont tu connais peut-être le nom : Bragelogne Beauvoir ;-) Bon dimanche à toi.


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  2. Ce que tu dis sur les orphelins est vrai puisque ma mère et son frère ne pouvaientt se voir (se parler) qu'en escaladant un mur qui séparait les cours de récréation et s'ils étaient surpris, c'était punition. Déjà que la vie
    était très difficile... très.

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    1. Je m'en doute Annick. Et bien sûr tout dépendait de la sévérité des adultes encadrant le groupe d'enfants. De ce point de vue, le groupe des filles (ma mère et ma tante) ont eu beaucoup plus de chance que les garçons (mes oncles) lesquels ont tout de même "avoué" qu'ils faisaient les 400 coups !... Comme des gamins vifs et pleins d'énergie probablement, ni plus ni moins. Bises à toi et bon séjour !

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  3. Bonsoir Odile. J'aime beaucoup cette présentation que tu as faite de la ville de Troyes, ville que je ne connais pas mais qui apparemment mérite vraiment une visite.

    La vie en orphelinat était vraiment dure et quelle triste période pour ta famille, même si comme tu le dis "on s'occupait bien des enfants", et même s'il y avait des vacances au bord de la mer... Cela ne peut pas remplacer la chaleur d'une famille regroupée...
    Gros bisous à toi Odile et merci pour cette belle page.

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    1. Je me suis servi d'un article que j'avais écrit il y a deux ou 3 ans je crois, à l'époque où je n'avais pas encore beaucoup de lecteurs ;-) Mais je crois que cette ville mérite vraiment qu'on s'y attarde. Ce n'était pas forcément le cas dans les années 50 où elle ne faisait rêver personne, surtout pas ma mère, à peine 18 ans à l'époque et qui l'a fuie... Et comme beaucoup de villes de province, elle était repliée sur elle-même, vieillotte et triste. Ce n'est plus du tout l'impression qu'on a aujourd'hui. et tu sais quoi ? Je crois bien que j'aimerais bien y passer (une partie de) ma retraite... Bises et bon dimanche.

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  4. Je suis allée quelques fois à Troyes avec mes parents lorsque nous habitions encore dans la Marne. J'en avais gardé le souvenir d'une très belle ville avec ses vieilles maisons à pans de bois. Cet article me donne envie d'y retourner :-)

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    1. Excellente idée Elise, il y a tant à découvrir. D'ailleurs la prochaine sortie du CG52 (centre généalogique de Haute-Marne)est organisée le 25 mai à Troyes ! Et les deux associations invitées sont le SGYonne et le Centre généalogique de l'Aube. C'est-à-dire les 3 cercles dont je fais partie, pour les 3 départements dont sont originaires tous mes ancêtres ! Elle est pas belle la vie ;-) ?

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  5. De Troyes je ne connais malheureusement que les magasins d'usine ...

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    1. Quelle tristesse Elodée ;-) C'est le seul endroit de Troyes que je ne recommanderais pas du tout ! Pour une raison simple : chaque grande ville dispose d'exactement des mêmes magasins sous différentes appellations (genre usine centers...). Je ne crois vraiment pas qu'on y fasse plus d'affaires qu'ailleurs. A ceci près qu'on cherche à "rentabiliser" son voyage en achetant plus... on croit faire des affaires. Moi je n'y mets plus les pieds depuis des années.
      il faut voir le centre ville magnifiquement préservé, mais aussi toute la partie "nature' autour du Lac d'Orient par exemple. Et je trouve que la programmation dans les musées est vraiment extra, je regrette souvent de rater telle ou telle expo (je n'y vis pas, à Troyes, j'y vais 3 ou 4 fois par an). A bientôt.

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  6. Je connais un peu Troyes que je trouve belle !
    Ma maman aussi a connu l'orphelinat et elle en parle comme un moment chaleureux. Elle était à Châteauroux. Ma grand-mère étant infirmière de nuit, avait préféré, au moment de l'évacuation, la confier aux soeurs.
    GROS BECS Odile

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    1. Ta maman a connu la même ambiance que la mienne alors, même si évidemment rien ne remplace le cercle de famille traditionnel (quand tout va bien). Oui ce devait être une époque très difficile, où chaque décision devait être lourde à prendre, car tellement lourde de conséquences... Bises à toi Marité.

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  7. Je ne connais pas du tout cette ville, mais tu me fais découvrir de bien jolies maisons

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    1. Si tes pas t'y mènent un jour Brigitte, je te conseille de la visiter, c'est superbe. Bon dimanche et bises.

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  8. Très belle photo de St Jean.
    à bientôt.

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    1. Ah merci Clémentine ! J'étais incapable de retrouver à quel endroit j'avais pris cette photo, dont je savais pourtant qu'elle était bien de Troyes ! Il y avait une très belle lumière, je n'ai eu que le temps de viser, et hop, la lumière était partie... C'est donc l'église Saint Jean au Marché qui date du 13e siècle et a subi bien des malheurs.
      http://www.tourisme-troyes.com/decouvrir/la-ville-aux-10-eglises/eglise-saint-jean-au-marche-xiiie-xvie-s

      Elle si situe non loin de la rue Emile Zola, en plein centre. Je recopie ici la fin de l'article de l'office de tourisme, au cas où notre ami Hervé, du Québec, passerait par là :
      "On y célébra le 17 avril 1620 le baptême de Marguerite Bourgeoys jeune femme troyenne, qui quitta tout, sa ville, son pays, sa famille, ses attaches et part pour Ville-Marie, en Nouvelle France (Canada), en 1653."

      Bon dimanche Clémentine.

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    2. Près de l'église St Urbain, à deux pas de St Jean, se situe le musée Marguerite BOURGEOIS. L'an passé a été l'occasion de celebrer à Troyes les 400 ans de la naissance de Chaumedey de Maisonneuve avec qui elle partie. J'ai assisté à une conférence en la Médiathèque de Troyes qui y fut forte intéressante. Hervé peut avoir des documents grace à l'association : http://comite.maisonneuve.free.fr/

      A bientot Odile

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    3. Il m'en reste encore des choses à découvrir à Troyes !! vivement... la retraite et merci beaucoup Clémentine pour ces précisions.

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  9. Moi aussi je ne connais pas cette ville, merci de nous montrer de belles maisons anciennes, médiévales!!!!
    Belle fin de journée et très bonne semaine !
    Bises par vent d'est , gla, gla, gla!!!!

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    1. Ah je sais bien que ce n'est pas trop sur ton chemin, mais c'est une belle ville qui mérite qu'on s'y attarde. ici, pour le moment, grand soleil. Pour la température, je ne sais pas, je ne peux pas mettre un doigt de pied dehors, je te MP. Bises Martine.

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  10. Bonjour Odile,
    dans les années 1990 j'étais deux fois à Troyes (tour en vélo). C'est très belle ! Surtout des maisons construites des ossatures de bois.

    Bonne journée d'Allemagne
    Dieter

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    1. Bonjour Dieter ! Tu as fait le voyage jusqu'à Troyes en vélo ?? J'espère que non parce que ça fait quand même un grand voyage... ! Je suis d'accord avec toi, la ville est très belle, et devient de plus en plus accueillante, tournée vers la culture et la jeunesse, tout en préservant les traces de son passé si riche.
      Je te souhaite un bon premier mai. A bientôt.

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  11. Ces belles photographies de Troyes me donnent à moi aussi l'envie d'aller y faire un tour. Je ne savais pas qu'il y avait des colombages, comme en Alsace ou en Normandie. Merci pour la ballade.

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    1. Il y a eu (et il y a encore) une grande campagne de restauration des bâtiments anciens, qui ont eu à souffrir de beaucoup d'incendies, y compris récents. Comme souvent et par souci de commodité peut-être, les maisons à pans de bois avaient été recouvertes par un crépi quelconque... Maintenant le centre ville est vraiment superbe. Il y a aussi tout un circuit en Champagne des églises à pans de bois.

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