samedi 6 avril 2013

F comme Fléaux

Famines, froid polaire des "grands hyvers", épidémies... La vie n'était pas tendre pour nos anciens. Difficile de trouver dans les registres la trace des bonheurs quotidiens. En revanche, il n'est pas rare d'y trouver la trace des drames familiaux, individuels ou collectifs.

Nous sommes à Dammartin-sur-Meuse (Haute-Marne) en 1854. L'épidémie de choléra, qui sévit en France depuis quelques mois atteint la Haute-Marne au début de l'été 1854 et fait des ravages considérables. Le nombre de décès dans ce département est quatre fois plus élevé qu'à l'ordinaire. Les registres de Dammartin ne font pas exception à cette triste règle.



Thérèse Duperrier, épouse de Jean Villetet, journalier,  décède le 1er septembre 1854 à 10 heures du matin. Elle a 46 ans et 9 enfants, dont Charles Viltet, le père d'Augustine que je vous ai présentée à la lettre A de cet abécédaire. Ce même jour, 1er septembre 1854 à 16 heures, c'est son dernier né, Théophile, âgé de 4 ans, qui succombe à son tour.


Si Jean Villetet déclare le décès de son épouse, ce n'est pas lui qui déclare le décès de son plus jeune fils, quelques heures plus tard.



Autre époque, autre département, autre drame.



Nous sommes cette fois dans l'Yonne en 1829, à Villechétive plus précisément, un petit village à quelques lieues de Cerisiers. C'est là que l'un des descendants de Louis Vaunois, tisserand à Cerisiers, s'est établi avec sa famille. Il y est laboureur en ce terrible hiver 1829, hiver qui fait suite à deux années de disette. Est-ce la famine, est-ce le froid glacial ? En ce mois de février 1829, Nicolas déclare le décès de trois de ses enfants : Louis Joseph, 9 ans, décède le 14 février. Le 21 février, c'est au tour de Jean Joseph, 11 ans ;  leur petite soeur de 2 ans, Joséphine Victorine, meurt quant à elle le 23 février. 

Nicolas et son épouse Marguerite Loup auront ainsi perdu en 9 jours 3 de leurs 8 enfants. Les trois actes de décès figurent sur la même page du registre des décès de Villechétive.


Des frères et soeurs survivants, c'est Théodore François qui aura la vie la plus longue, près de 80 ans. C'est mon ancêtre et c'est le père de Joseph Clotaire, le vénérable moustachu à casquette qui figure sur la photo de mariage de la lettre B !

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Pour lire mes autres articles du challenge : Les Cerisiers de A à Z

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Retrouvez toutes les interventions de ceux qui ont relevé le défi généalogique, sur le blog de Sophie Boudarel, de la Gazette des Ancêtres.

20 commentaires:

  1. Invitation - F
    Je suis brésilien.
    Passé à lire ici, et visiter son blog.
    J'ai aussi une, seulement beaucoup plus simple.
    'm vous invite à me rendre visite, et si possible suivre ensemble pour eux et avec eux. J'ai toujours aimé écrire, d'exposer et de partager mes idées avec les gens, sans distinction de classe sociale, la croyance religieuse, l'orientation sexuelle, ou de l'ethnicité.
    Pour moi, ce sera notre intérêt est un échange d'idées, et, pensées.
    'm il ya dans mon espace Bêta, vous attend.
    Et je suis déjà à la suite de votre blog.
    Force, la paix, l'amitié et le bonheur
    Pour vous, un câlin du Brésil.
    http://josemariacostaescreveu.blogspot.com

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    1. Bonsoir JoséMaria et bienvenue aux Cerisiers. C'est bien la première fois que quelqu'un m'envoie un câlin du Brésil ! Bon dimanche à vous.

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  2. Incroyable pour nous, aujourd'hui, cette mortalité infantile !
    Bon, il est des terrains où, quand même, l'humanité a fait des progrès...
    Je t'embrasse, Odile.

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    1. Pas partout malheureusement Norma. Mais dans nos pays "riches", oui. Et il faut garder à l'esprit que, le danger semblant éloigné, on a tendance à oublier que les vaccinations préservent les populations de telles calamités. C'est comme ça qu'on voit dans notre région une recrudescence de la tuberculose !

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  3. Cela nous semble si loin, le temps où les épidémies rimaient avec la mort, et pourtant, non, c'était il y a à peine 150 ans. Je viens de lire les billets précédents et j'admire le travail de recherche que tu as effectué.

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    1. Merci Amartia, oui c'est du travail. Mais c'est en même temps enthousiasmant, valorisant (j'y suis arrivée au moins pour cette semaine :-)), et enrichissant : 56 personnes qui écrivent des articles aussi divers autour d'une seule lettre, c'est assez époustouflant !

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  4. J'ai aussi des drames du même genre dans mes recherches, ca me mine le moral quand je les analyse, il n'est pas toujours facile de prendre du recul .... Bravo pour vos articles, je suis ravie de découvrir votre blog

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    1. Prendre du recul, c'est aussi mesurer le chemin parcouru. Et ça n'empêche pas bien sûr la compassion. Merci Brigitte et à bientôt.

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  5. Les épidémies (même si on n'arrive pas forcément de quelle maladie il s'agit) sont quelque fois bien visibles dans les registres paroissiaux : d'un acte de sépulture tous les mois, on passe à une dizaine en deux mois... Clairement, il s'est passé quelque chose mais quoi ? Quelque fois cela touche juste les enfants, quelque fois les anciens, quelque fois toute la population...
    A bientôt pour le challenge !

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    1. Pour ça Sébastien, il faut avouer que l'internet nous aide considérablement. Et j'ai pris l'habitude aussi de consulter "contexte" de Thierry Sabot, qui donne pas mal de points de repères pour une année donnée. A bientôt pour le G... Ouf on a un jour de repos :-))

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  6. Très intéressant, je préfère définitivement vivre à notre époque !

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    1. Bien sûr Elodée, même si tout n'est pas rose, on a quand même un peu plus de chances de ne pas vivre ces drames-là. A bientôt.

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  7. Je faisais justement des recherches sur les épidémies de choléra hier car j'ai découvert il y a peu qu'une famille de mes ancêtres avait été durement touchée par l'épidémie de 1849 dans le Pas de Calais.
    Et en faisant ces recherches hier, je me suis aperçue que sur les 6 victimes de l'épidémie de 1832 dans un petit village de la Marne, 2 étaient mes ancêtres direct et 3 autres de leur famille proche.
    C'est vraiment très poignant de se rendre compte des drames créés par ces épidémies.
    Elise

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    1. C'est vrai Elise. Au début de mes recherches, comme je travaillais sur une personne après l'autre, je ne me suis pas toujours rendue compte de la proximité des décès par exemple. Quand on fait des relevés systématiques par contre, évidemment ça saute aux yeux. A bientôt

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  8. avant de gémir sur notre sort, pensons à nos aïeux !

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    1. Oui Josette, quand on lit ça la vie moderne semble quand même nettement plus favorable ! Bon dimanche.

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  9. Quelle horreur ces enfants morts de faim ou de froid !!! A l'époque il était si difficile de se soigner...
    GROS BECS Odile

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    1. N'est-ce pas Marité ? et je n'ose imaginer la détresse, le désespoir des parents qui se trouvaient sans doute tout à fait démunis... Je t'embrasse.

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  10. Les lectures sont difficiles aujourd'hui, que de morts et comme tu dis Odile, je n'ose imaginer le désespoir
    des parents assistant impuissants au décès de leurs enfants.
    bises

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    1. c'est vrai Annick. Mais comme je l'ai déjà écrit, il est rare de trouver trace, dans les registres officiels, d'événements heureux... On retrouve trace des drames, des faits divers, des calamités météorologiques assez facilement, en revanche... Bon je vais essayer de faire un peu moins sombre, au moins pour un jour ou deux... Bises.

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